Construction des Carres Magiques : La Méthode de Bachet de Méziriac. Ordre n impair.

Claude Gaspard Bachet de Méziriac (1581-1638), dans ses " Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres " (1612), restés célèbres, donne une méthode simple pour la construction des carrés magiques d’ordre impair. Cette méthode est très connue.

Soit l’exemple d’un carré magique d’ordre n = 5.

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11
24
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23
 
19
 
15
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6
19
2
15
24
 
20
25
M5 = 65

On écrit les n2 = 25 premiers entiers dans la grille crénelée ci-dessus, dans les cases en diagonales à 45°.

Et l’on transfert les éléments qui se trouvent hors de la grille centrale carrés de 5 x 5, à leur antipode. On obtient le carré magique ci-dessus, de constante magique M5 = 65.

Il y a huit façons de placer les n2 premiers entiers dans la grille crénelée correspondant à l’ordre n. On obtient huit formes du carré magique, qui se déduisent toutes les unes des autres par rotation ou symétrie.

Bien sûr cette méthode s’applique au carré d’ordre n = 3 : les 8 façons de placer les chiffres de 1 à 9 dans la grille crénelée, donnent les 8 formes du Lo Shu.

 

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2
27
45
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15
40
9
34
3
28
 M7 = 175

 

Reprenons la grille précédente (ci-dessus à gauche). On constate aisément dans la suite des entiers consécutifs à partir de l’unité, un cheminement régulier : un pas vers le bas, un pas à droite (1,1). Lorsque l’on aboutit à une case déjà occupée, on saute une case vers le bas (2,0): 1, 2, 3, 4, 5 et 6. Le point de départ est situé au-dessous de la case centrale.

Application pour n = 7. Constante magique M7 = 175. (Grille ci-dessus à droite)

On peut appliquer cette méthode avec un point de départ quelconque : on obtient alors un carré semi-magique. Le point de départ fixé au-dessous de la case centrale conduit toujours à un carré magique.

On peut concevoir 8 cheminements analogues, mutatis mutandis, à partir des 4 cases adjacentes à la cases centrale, donnant les 8 formes du carré magique en cause .

 

En s’inspirant de Bachet de Méziriac, le Professeur Labosne, dans la nouvelle édition des " Problèmes plaisants… ", présente une méthode pour construire des carrés magiques ou semi-magiques, en progression non régulière d’ordre impair.

Soit l’exemple ci-dessous d’un carré d’ordre n = 7.

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95
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83
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73
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58
 
47
 
35
 
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11
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24
58
72
 
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49
 
38
 
25
 
13
61
13
49
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38
72
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86
 
75
 
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52
 
39
 
27
 
17
27
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17
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77
 
66
 
53
 
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31
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31
66
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91
 
80
 
67
 
55
 
45
45
80
16
67
5
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30
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19
69
7
59
95
 
83
 
73
97
 
87
101
M'7 = 359

On inscrit n nombres quelconques, les " nombres de base ", dans un ordre quelconque, dans les n cases à 45° de la grille crénelée, par exemple la série 2, 5, 7, 10, 11, 13, 17.

On complète les alignements perpendiculaires correspondants, par les termes d’une progression arithmétique de raison r = kn , soit ici, avec k = 2, r = 2 n = 2 x 7 = 14. On effectue les translations de la méthode de Bachet de Méziriac.

La constante magique des lignes et des colonnes est obtenue dans cet exemple sur une seule diagonale : M’7 = 359. On a donc affaire à un carré semi-magique.

Le nombre de permutations de la série des n " nombres de base ", est n ! = 7 ! = 5.040, qui donne autant de solutions différentes, sans compter les 8 façons de placer la série choisie des " nombres de base " dans la grille crénelée.

Comme le choix des " nombres de base " est illimité, cette méthode peut don être considérée comme très prolifique, donnant des carrés magiques ou semi-magiques.

Pour n = 5, on essaiera par exemple la série : 2, 5, 7, 10 11 (c’est l’exemple donné par Labosne); on obtient bien un carré magique, de constante magique M'5 = 135 ( pour n = 5, on a 5 ! = 120)

Nota.

La méthode de Labosne-Méziriac est à l’origine d’une méthode de construction des carrés magiques d’ordre impair, en progression non régulière, n termes arbitraires étant placés dans la grille suivant un positionnement spécifique.