Construction des Carres Magiques : Méthode du Cavalier d’Euler. ordre impair

Cette méthode est basée sur la " marche " du cavalier au jeu des échecs. Elle a été mise au point par le mathématicien bâlois Leonhardt Euler (1707-1783), notamment dans une communication intitulée " De quadratis magis " (St Petersbourg, 1776)

Rappelons qu’à partir d’une case donnée de l’échiquier, le cavalier peut de déplacer de 8 façons différentes, selon 8 " marches " orientées de manière différente.

   

9

22

15

3
 
 

12

5

18
 

24
 

20

8

21

14

2

20
 

11

4

17

10

23

11
 

7

25

13

1

19

7
 

3

16

9

22

15
 

16

24

12

5

18

6
   

 

La mise en place de la suite des entiers de 1 à n2 dans la grille de n2 cases (n impair), est faite en application de deux règles de marche ou de cheminement.

  1. Marche principale – A partir d’une case-départ quelconque, on suit l’une des 8 marches du Cavalier. Par exemple deux pas vers le haut, un pas vers la droite (-2,1).
  2. Marche secondaire – Lorsque l’on tombe sur une case déjà occupée (ce qui se produit aux étapes n, 2n, 3n, …(n-1) n ), on fait par exemple deux pas vers la droite sur la même ligne, pour trouver une case libre, soit le déplacement (0,2). On reprend alors la même marche principale du Cavalier (-2,1).

Lorsque l’on sort de la grille de base n x n, il faut bien repérer la position " hors-case " à laquelle on aboutit sur la grille virtuelle contiguë, et superposer cette position " hors-case " à la grille de base.

Dans l’exemple ci-dessus, on a placé ces " hors-cases " dans les grilles virtuelles adjacentes correspondantes, pour bien montrer la réintégration de ces hors-cases.

On peut ainsi établir la fiche signalétique de l’exemple ci-dessus :

Ordre de la grille n = 5
Case-départ ( 3,4 )
Marche principale ( -2,1 )
Marche secondaire ( 0,1 )
Constante magique M5 = 65

Ces caractéristiques définissent parfaitement le carré magique en cause.

Précisons que la " case-départ " peut être placée de façon arbitraire ; cependant le carré numérique obtenu n’est pas toujours un carré magique, mais peut être semi-magique.

 

  1. Toutes les cases conviennent comme case-départ. On peut donc construire n2 carrés numériques (magiques ou semi-magiques) avec la même marche principale et la même marche secondaire.
  2. Il y a 8 marches possibles pour le Cavalier. De chaque case-départ on peut donc consruire 8 carrés numériques avec la même marche secondaire.
  3. Pour la marche secondaire, le problème se pose après une première étape " n ". On peut supposer qu’à ce moment, toute case libre convient comme " terminal " de la marche secondaire. Dans cette hypothèse on aurait n2 –n = n (n-1) marches secondaires possibles.
  4. Au total le nombre de solutions N serait donné par la relation : N = 8 n2 [n ( n-1)] = 8 n3 (n-1)

Ainsi pour n = 5, on a N = 4 .000 et pour n = 7, on a N = 16.464

 

Pour les ordre n impairs, on peut concevoir nombre de méthodes " variantes " sur le principe général de la Méthode dite du Cavalier, par cheminement régulier.

En voici quelques unes, considérées comme classiques, résumées dans le tableau ci-après :

 

Désignation (n impair)

Case-départ
Marche principale
( i, j )
Marche secondaire
( i, j )

Bachet de Méziriac Moschopoulos I
Au-dessous de la case centrale

( 1, 1 )

( 2, 0 )

De La Loubère (1691)
Quelconque

( ‚1, 1)

-d°-

( 2, 0 )

( 1, 0 )

Moschopoulos II
(Carré panmagique)
Case centrale de la 1ère ligne ou quelconque

( 2 ,1 )

( 4,0 )

Jacques Bouteloup (1991)
Quelconque

( 3, 1 )

( 2, 3 )

(-6, 0 )

( 1, 0 )